Accéder au contenu principal
Le magazine de l’actualité musicale en Fédération Wallonie - Bruxelles
par le Conseil de la Musique

Diego

HEP!

Chelsea Kinzunga

Entre pop, rap et électro, Diego trace sa route hors des cases. À 23 ans, le Bruxellois présente HEP, un EP intime et instinctif, pensé comme une impulsion : celle d’avancer, même dans le flou.

À 23 ans, Diego construit un univers à la croisée des genres. Une trajectoire entamée très tôt, presque par hasard : « Je fais de la musique depuis que j’ai 12 ans. J’ai commencé dans des petites comédies musicales que ma mère me faisait faire. » Originaire du Brabant wallon, il se sent pourtant rapidement à l’étroit : « Les mentalités là-bas sont un peu fermées… Bruxelles, c’est chez moi. »
 

Diego
Avec un micro, une carte son et un matelas, tu peux tout faire.


L’écriture devient vite un refuge. « Un jour, j’ai écrit un texte a cappella… et je ne me suis jamais arrêté. » Autodidacte, Diego apprend seul, sans formation : « J’apprends la guitare mais je ne connais même pas les notes, tout se fait à l’instinct. » Nourri autant par Michel Berger que par Diam’s, Nekfeu ou aujourd’hui les Beatles, il développe un univers hybride, difficile à enfermer : « J’ai commencé avec du rap mais maintenant je dirais pop-rap. Il y a aussi de l’électro… Je fais de la musique au jour le jour. »

Avant HEP !, il y a les débuts sur Instagram et une minute de rap qui lui offre une première visibilité : « Directement, j’ai vu que les potes me soutenaient de malade. » Mais aussi une première désillusion avec un label : « Pendant 2-3 ans, je n’ai presque rien sorti. » Une expérience qui le rend aujourd’hui prudent : « Je suis hyper méfiant ».

Avec HEP !, Diego amorce un nouveau chapitre. Un projet né d’un sentiment d’errance : « La thématique, c’était de ne pas savoir où aller. Mais à un moment, même si on ne sait pas, il faut bouger. » Le titre s’impose alors comme une évidence : « HEP !, c’est un appel au public… et un appel à soi-même. Parce que même quand on ne sait pas trop où on va, il y a un moment où il faut y aller et se bouger le cul. Mais surtout parce que John Lennon a écrit Help en 1965 car il n’en pouvait plus de la célébrité, donc il ne faut pas que j’oublie qu’on fait ça pour le kif et que je suis à une lettre de finir comme lui ».

Dans ses textes, le jeune artiste oscille entre gravité et légèreté. « Le monde est complètement ridicule… mais en même temps tellement beau. » Une vision nourrie par ses propres questionnements : « J’ai eu des périodes de déréalisation, de dépression… Mais ça m’a aidé à me libérer, et à trouver une vraie joie intérieure ».

Si l’instinct reste au cœur de son processus, Diego revendique aujourd’hui un regard plus exigeant : « Avant, je faisais des textes qui sortaient de l’âme et c’était fini. Maintenant, je retravaille mes textes, je réécris certaines lignes », une évolution inspirée notamment par Orelsan : « Il faut retravailler les textes, ils ont raison ». Indépendant, entouré d’amis, il bricole son EP « dans [sa] chambre », entre débrouille et liberté totale : « Avec un micro, une carte son et un matelas, tu peux tout faire ».

Diego a assuré les premières parties de la chanteuse Héléna, notamment à Forest National, et poursuivra sur sa lancée avec un passage aux Nuits Botanique le 29 mai. Au fond, Diego poursuit deux envies simples : « Que mes musiques fassent partie du quotidien des gens » et « donner envie de faire ce qu’on n’a jamais osé faire ».


Diego
HEP !
Autoproduction