Le magazine de l’actualité musicale en Fédération Wallonie - Bruxelles
par le Conseil de la Musique

Jeremy Walch

Folie

Luik Music

Il y a peu, les chantres de la langue française se comptaient sur les cordes d’une guitare acoustique. Ces personnages atypiques passaient alors pour des figures chevaleresques ou, dans le pire des cas, pour des bardes perchés dans (Marie) la forêt ou addicts à Léo Ferré. Aujourd’hui, les mélodies fredonnées en français font le tour du monde avec l’aval des médias internationaux. Le refrain pop et un peu débraillé, Jeremy Walch tente, lui aussi, un pas de côté en mode Gainsbarre. « Mon univers est facile à circonscrire, dit-il. Je fais du rock indé avec un peu de surf et de dream pop dedans. De nombreux artistes anglo-saxons font plus ou moins la même chose que moi. En français, en revanche, cette formule est assez inhabituelle. » Dans son style, qui rappelle les mélodies ultra relax de Juan Wauters et Mac DeMarco, le guitariste explore le Flavien Berger qui sommeille en lui sur deux titres coécrits avec l’ami Ben Baillieux-Beynon (Ébbène). Ailleurs, l’anglais reste la langue de cœur du petit bricoleur. Au chevet de tous les instruments, Jeremy Walch est ici chanteur et homme à tout faire. Pour assembler ses cinq compos en studio, il s’est toutefois tourné vers Nicolas Quéré, producteur à l’œuvre chez Timber Timbre ou sur le dernier Arctic Monkeys. Une belle carte de visite pour ce disque frappé du sceau de Folie. « Le titre vient du morceau du même nom. Il découle de mon obsession pour la série Twin Peaks. Durant l’enregistrement, j’ai réalisé que le thème de la chanson collait bien à l’actualité, à cette période où les règles farfelues sont quasiment devenues la norme. » Bienvenue en 2021, année de Folie.

Nicolas Alsteen