Under The Reefs Orchestra
Williwaw
Capitane Records / Modulor
L’une des bourrasques les plus violentes du monde débarque en Belgique. Williwaw souffle sur la pochette du troisième album d’Under The Reefs Orchestra. Ce titre, emprunté au vocable amérindien, désigne une rafale brutale et imprévisible, capable de déraciner des arbres ou de terrasser des navires en pleine mer. Venu d’Alaska et de Sibérie, ce fulgurant blizzard bouscule à présent les habitudes du trio bruxellois. « Avant, notre groupe était surtout un orchestre imaginaire. Là, ça devient réel », résume Clément Nourry, cheville ouvrière du projet. Autour de sa guitare, du saxophone de Marti Mélia et des percussions de Jakob Warmenbol, d’autres silhouettes se profilent à l’horizon. La violoniste Catherine Graindorge se hisse sur les hauteurs du morceau Banquise, le sax d’Alejandra Borzyk (Bodies) élargit le champ des possibles sur Mushrooms, tandis qu’An Pierlé intervient dans les ultimes instants de ce grand trip instrumental. Produit par Pieterjan Coopejans (Sylvie Kreusch, MDC III, Jawhar), ce nouveau Williwaw étire les formes, laisse respirer ses improvisations et disperse du groove à tous les étages. Omniprésent, le jazz y fusionne avec des inspirations cinématographiques, du post-rock, et un penchant évident pour les boucles hypnotiques. Influencé par les mystères de Moondog ou la fougue initiale d’une formation comme Sons of Kemet, le groupe belge élargit son plan d’action. « Nous jouons à trois mais il serait possible d’ouvrir l’orchestre à plein d’autres gens, affirme Clément Nourry. À terme, nous avons d’ailleurs l’intention de faire voyager cette musique au sein de la communauté artistique. » Déroutant, Williwaw fait honneur à ses origines météorologiques : il évolue par rafales électrifiées, accalmies amplifiées et tourbillons de cuivres tempétueux. Vraiment ébouriffant.
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Foehn