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Le magazine de l’actualité musicale en Fédération Wallonie - Bruxelles
par le Conseil de la Musique

Michel Fourgon

De proche en proche

Cypres

De proche en proche, « c’est une histoire d’amitié », celle que le compositeur liégeois Michel Fourgon entretient avec le tromboniste Alain Pire depuis plus de 30 ans, une de ces envies qui jaillit « autour d’un verre… on s’est dit : on ne ferait pas un disque ? ». Mais aussi une histoire de fascination, pour un instrument rarement mis à l’avant-plan alors qu’avec lui, « on peut tout faire : du pianissimo, des sons éclatants, des glisses, des micro-intervalles… » Les cinq œuvres (« un programme clé sur portes »), de formes variées (concerto, solo, orchestre, électronique), s’écoutent « comme n’importe quelle musique, sans avoir besoin d’un prérequis ». L’une est bâtie sur de courts extraits de textes de Goethe, « un de mes auteurs de chevet », lui-même inspiré par Le Divan du poète persan du 14ᵉ siècle Hafez de Chiraz (« ça parle beaucoup de fêtes et de gens bourrés. On continue même à l’enseigner dans les écoles iraniennes alors qu’il n’est pas dans l’air du temps des Gardiens de la Révolution »). L’autre se remémore « les arbres de mon enfance, sur les collines du Sart-Tilman » et donne à l’électronique la place « d’un instrument comme les autres ». Kasimir et son double évolue d’une musique de scène pour quintette de cuivres, écrite en 2001, vers le solo pour trombone actuel — un premier mouvement à la mélodie expressive et un deuxième, ornementé et aux accents virtuoses. Pour Les Mystères d’Aphra, Michel Fourgon joue : deux orchestres, positionnés en stéréo, accordés selon leurs diapasons respectifs, à distance d’un quart de ton : ludique, sans a priori.

Bernard Vincken