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par le Conseil de la Musique

Studio Papa Shango

Pari gagnant pour Isha?

Nicolas Alsteen

Au croisement du lèche-vitrine et d’un studio d’enregistrement, l’enseigne Papa Shango offre une nouvelle visibilité au rap. En laissant pénétrer la lumière à travers sa vitrine, l’établissement imaginé par Isha dévoile les secrets de fabrication d’une musique longtemps stigmatisée.

Rap•Urbain•Soul #studio·rap #Isha
Isha, maître des lieux

Implanté dans le centre-ville de la capitale, Papa Shango est le nouveau pari lancé par Isha. « En me promenant dans Bruxelles, j’ai constaté que les salles de fitness avaient toujours pignon sur rue. Ce sont des espaces ouverts : les gens pédalent, transpirent sur des tapis roulants et soulèvent de la fonte à la vue de tous. Cela amène certaines personnes à franchir le pas. Je me suis vraiment inspiré de cette réalité pour jeter les bases du projet Papa Shango. » Studio d’enregistrement ouvert sur l’espace urbain, ce lieu dédié au rap caresse une ambition inédite : exposer les zones d’ombre du processus créatif. « Bien souvent, des jeunes m’écrivent en m’expliquant qu’ils font du rap, raconte Isha. Le problème? C’est qu’ils ne savent pas comment enregistrer. Du coup, ils n’osent pas se lancer... Vu de l’extérieur, le studio est généralement perçu comme un laboratoire d’initiés, un truc hyper hermétique. Ici, l’idée est d’abattre les murs pour laisser entrer la lumière. »


Isha

Je crois surtout que la nouvelle génération du rap
n’a pas peur de se montrer.


Établi à proximité des Halles Saint-Géry, le studio Papa Shango devait être opérationnel dans le courant du mois de février mais c'est véritablement ces dernières semaines que le projet a pris une forme opérationnelle. « Nous avons changé les châssis, placé du double vitrage et insonorisé l’espace pour respecter la tranquillité du voisinage. Le grand public nourrit encore des appréhensions à l’égard du rap. Pour faire évoluer les mentalités, nous devons nous faire accepter, en respectant la vie du quartier et les normes sonores. Dans l’autre sens, je n’ai pas envie d’entendre un coup de klaxon au milieu d’une session…» Papa Shango fonctionne comme n’importe quel studio d’enregistrement. Là où l’établissement se distingue, c’est dans son rapport à l’environnement extérieur. Depuis la rue, les passants peuvent en effet observer les rappeurs en action. « Tout l’enjeu est là, dit Isha. Il faut que les badauds respectent le boulot des artistes. Quand les gens passent devant chez le coiffeur, ils regardent sans s’attarder. Cette logique peut aussi s’appliquer aux activités de Papa Shango. » L’initiative se double ainsi d’une dimension voyeuriste. « Pour travailler, certains ont besoin de sentir les regards braqués sur eux. Ils se nourrissent de cette attention. Je crois surtout que la nouvelle génération du rap n’a pas peur de se montrer. » On attend de voir. Avec impatience.