Le magazine de l’actualité musicale en Fédération Wallonie - Bruxelles
par le Conseil de la Musique
The Bernadette Maries
Soft
Nicolas Alsteen
Trio formé à la faveur d’un romantisme shoegaze et d’une passion infinie pour le rock indépendant, The Bernadette Maries scelle les destins de Guy, Daria et Romain autour d’un disque souverain. Chargé d’amour et de mélancolie, Soft raconte nos vies détraquées dans une époque sous tension. L’album évoque Fontaines D.C., les Smashing Pumpkins ou My Bloody Valentine. Pourtant, ses secrets de fabrication sont ailleurs…
Deftones, White Pony (2000) : Là où j’ai grandi, entre Namur et Charleroi, j’étais fort isolé de la culture. En 2000, ma famille a acheté un ordinateur. Nous étions enfin équipés d’une connexion à Internet. À partir de là, je me suis mis à chercher des extraits de concerts et des vidéos de tous les groupes qui me faisaient rêver. C’est ainsi, via les clips de Change et Digital Bath, que j’ai découvert l’album White Pony de Deftones. À l’époque, je n’avais pas de mot pour exprimer ce que je ressentais à l’écoute de cette musique. Mais, dans les faits, cela m’a appris à vivre avec une forme de spleen qui ne m’a plus jamais quitté. J’ai évidemment acheté cet album et après des années d’écoute, j’ai réalisé que c’était un peu leur "Dark Side of the Moon". La production est incroyablement sophistiquée.
Cocteau Twins, Heaven Or Las Vegas(1990) : C’est grâce à Deftones que j’ai découvert Cocteau Twins. Sur la compilation B-Sides & Rarities, publiée en 2005, Chino Moreno chantait une reprise du morceau Wax And Wane. Puis, une dizaine d’années plus tard, j’ai redécouvert les Cocteau Twins, un peu par hasard, via l’album Treasure. J’ai développé une addiction à la chanson Pandora. Je l’ai probablement écoutée un million de fois. On y trouve notamment ce Heaven Or Las Vegas sorti en 1990. Du début à la fin, cet album est un chef-d’œuvre. Il s’agit, en quelque sorte, de la matrice de toutes les musiques que nous sortons aujourd’hui avec The Bernadette Maries. C’est évident sur des titres comme Silk ou Soft et, de manière générale, sur toutes les parties chantées par Daria.
DIIV, Frog in Boiling Water(2024) : J’étais un fan absolu des deux premiers albums de ce groupe new-yorkais. Je les passais en boucle dans le bar dans lequel je bossais en 2017. DIIV mêle la profondeur du shoegaze à l’énergie du grunge. Bizarrement, j’ai un peu laissé tomber l’affaire. Je n’ai même pas écouté le disque sorti en 2019… Puis, cinq ans plus tard, j’ai entendu le premier single de l’album Frog in Boiling Water. Je suis tombé de ma chaise. C’était une réinvention complète, une maîtrise totale. Cet album est traversé d’une trame douce-amère qui tient tous les morceaux ensemble. La production est parfaite. Récemment, avec Daria et Romain, nous avons regardé sur un écran géant le film en lien avec la dernière tournée de DIIV. On adorerait tourner avec eux !
They Are Gutting a Body of Water, LOTTO(2025) : Nous avons découvert ce groupe de Philadelphie lors d’une date programmée au Witloof Bar, dans les caves du Botanique, à Bruxelles. C’était juste avant le début de nos premières sessions d’enregistrement. Romain était complètement obsédé par leur son. La production de LOTTO nous a vraiment stimulés. Nous n’avons pas forcément une approche du shoegaze aussi âpre et brute que la leur, mais leur disque nous a mis sur la voie. Il nous a permis de comprendre un truc essentiel : en tant qu’artistes, nous pouvons (quasiment) tout nous permettre. Pour autant que le plaisir soit au rendez-vous!
The Bernadette Maries - Missing Bernadette (Official Video)