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Le magazine de l’actualité musicale en Fédération Wallonie - Bruxelles
par le Conseil de la Musique

Maxime Denuc

Électrorgue

Julien Broquet

Toulousain de Bruxelles qui fait de l’électro à l’orgue d’église, Maxime Denuc signe avec Club Imperiale une after de mariage sous le soleil des Baléares.

« Il y avait encore un tas de choses à faire. Plein de nouvelles pistes à explorer. » Aventurier de l’électronique et chercheur en lieux de culte, Maxime Denuc est parti fabriquer son nouvel album, Club Imperiale, là où il avait bossé le précédent, Nachthorn. Soit à l’église Saint-Antoine de Düsseldorf et sur son même grand orgue. « Certaines églises me demandaient 500 euros par jour pour y travailler. À Düsseldorf, ils ne font pas ça pour l’argent mais parce qu’ils ont envie que la musique d’orgue avance. »
 

Maxime Denuc
J’aime faire de la musique d’after.
C’est mon moment préféré.


Co-fondateur de Plapla Pinky, un duo célébré pour son approche atypique de la musique de club, quelque part entre la rave, le baroque et la musique contemporaine, Maxime Denuc est un grand bâtisseur. Il construit des ponts entre la maison du seigneur et la musique produite par ordinateur. Imaginez une dance music acoustique dont l’orgue serait le seul acteur. Tout son travail est aujourd’hui basé sur le contrôle MIDI. « La musique que tu peux entendre sur ces disques n’est jamais traitée. C’est exactement ce que tu entends dans l’église. »

Maxime Denuc vient de la techno expérimentale mais a toujours aimé la trance. « La trance épique méditerranéenne d’Ibiza mais aussi potentiellement les synthés euphoriques hollandais. Une critique de Nachthorn par le disquaire mancunien Boomkat faisait référence à Kali Malone et à Enya mais aussi à Lorenzo Senni et Paul van Dyk. Alors je me suis dit : essayons de faire quelque chose qui s’inspire de la trance. J’aime faire de la musique d’after. C’est mon moment préféré. Celui aussi où je préfère jouer. »

Et donc, Denuc a beaucoup écouté de trance méditerranéenne des années 90. Federico Franchi, Vana Imago mais aussi des vieilles compiles du Café del Mar à Ibiza. « Ça m’a pas mal inspiré pour la composition. J’ai repris des gimmicks que j’ai modifiés et que j’ai joués à l’orgue. » Club Imperiale a aussi été marqué par le mail d’un Belge qui avait entendu un de ses morceaux (Infinite End) joué à l’orgue au mariage de son fils à Minorque et qui voulait la partition pour la reproduire chez lui. « J’ai reçu une vidéo et j’ai commencé à me demander ce qui s’était passé après. À imaginer une déambulation à Ibiza avec des garrigues, des falaises, de l’eau, des églises et des villages tous blancs, mais aussi les basses d’un club au loin. J’ai un peu trippé. C’était en même temps une vision totalement imaginaire parce que je n’y suis jamais allé, moi, à Ibiza. »

Le titre de l’album fait référence à une boîte de nuit transalpine. « C’est un disque chaud. Un disque d’été. En continuant à chercher, j’ai trouvé des archives sur un club de la côte toscane, pas loin de Pise. Le Club Imperiale est un endroit un peu mythique des années 90 avec vue sur mer. Il a été l’un des premiers en Italie à proposer de l’after mais c’est aujourd’hui un bâtiment à moitié abandonné. »

Maxime Denuc a sur le tard étudié la musicologie à la Sorbonne et y a découvert 1 000 ans de musique. « Ça me fait rire quand les gens me disent qu’ils n’aiment pas la musique classique. Ça regroupe tellement de choses. » Il a également suivi un master en sociologie de la musique. Taraudé qu’il était par la question des publics, des dispositifs d’écoute et des codes musico-sociaux.

C’est avec Raphaël Hénard et Plapla Pinky qu’il a commencé à se passionner pour l’orgue et à travailler sur l’idée de l’after. « Quand on rentrait de sortie, on n’écoutait pas de la techno. On écoutait Bach, ses chorals et la puissance de l’orgue. Chez Bach, tu as des choses virtuoses mais aussi des pièces très très simples pour l’église. Moi, j’appelle ça la pop des 17ᵉ et 18ᵉ siècles. Je vois quand même une similarité et des liens étroits avec l’électronique. À l’époque où les orgues sont nés, c’était la seule chose, à part peut-être le tonnerre, qui pouvait produire des sub-basses pareilles. »


Maxime Denuc
Club Imperiale
light-years