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Le magazine de l’actualité musicale en Fédération Wallonie - Bruxelles
par le Conseil de la Musique

DISCARE 

Parlons de santé mentale!

Vanessa Fantinel

Elle concerne tout le monde et on la considère si peu. Et c’est ce silence que Maureen Vanden Berghe et Anaïs Elba ont désiré abolir en se rencontrant, habitées par la nécessité de lever ce tabou dans le secteur musical, là où elles œuvrent toutes les deux.

Anaïs & Maureen

Maureen est active dans l’accompagnement d’artistes (agence Julia Camino), Anaïs en tant qu’artiste et porteuse du projet Sïan Able. Ainsi est né DISCARE, dispositif communautaire de soutien à la santé mentale des travailleur·euses du secteur musical en Belgique. « Bien sûr il a fallu s’adapter aux spécificités belges : nos conditions de travail sont moins cadrées qu’ailleurs. Les référents bien-être n’existent pas dans nos métiers. On a normalisé le fait que tout le monde dépasse ses heures, travaille en état d’épuisement chronique. La précarité du secteur renforce cette attitude, on vit avec le sous-entendu permanent que personne n’est irremplaçable. »

L’association plaide pour une “sollicitude radicale et solidaire”. Le terme de “sollicitude” renvoie à la notion anglophone de “care” : prendre soin, porter une attention à l’autre. Quant au “radical”, il vient du latin “radicalis” : qui se rattache à la racine. Revenir aux fondamentaux, aux pratiques communautaires contribue à l’émancipation et facilite les luttes. « Pour nous, prendre soin est un acte politique dans le contexte actuel, tant affirmer la douceur et l’attention à l’autre est devenu subversif. »

La mise en œuvre du collectif était une évidence : les workshops de DISCARE se déclinent comme un éventail de thématiques et d’outils qui sensibilisent à la santé mentale et informent sur les droits et aides existantes. Parallèlement, les groupes de parole Wait a Minute sont encadrés par le musicien Flavio Rio. DISCARE rencontre un énorme succès, reflétant le mal-être généralisé et la parole jusqu’ici hésitante du secteur en la matière. Forte de son succès, l’association a néanmoins besoin de renfort. Actuellement, l’équipe avance bénévolement et cherche particulièrement quelqu’un·e qui pourrait les aider sur le terrain du financement mais aussi ceux de l’administratif et de la communication. Car pour aller plus loin, une réponse politique sera indispensable.

Prochain rendez-vous
Workshop FACIR, 18 septembre 2026, Maison Poème (sur réservation/gratuit)