Selah Sue & The Gallands
En toute liberté
Le rendez-vous est fixé en fin de matinée dans le patio de la RTBF. Stéphane et Elvin Galland enchaînent les interviews comme on fait un marathon. Il est vrai que leur dernier projet, avec notre iconique chanteuse soul Selah Sue, a de quoi susciter l’enthousiasme et la curiosité du monde musical belge et européen.
Détendus et souriants, nos trois artistes sont prêts à bavarder et à livrer un peu plus encore quelques sentiments et anecdotes à propos de l’album Movin’ qui sort ces jours-ci et qu’ils défendront tout l’été sur les scènes jazz, principalement, de toute l’Europe.
Selah Sue
C’était très libre et ouvert.
The Gallands est une collaboration relativement récente entre le batteur/leader de Aka Moon, The Rhythm Hunters, Lobi ou encore de (The mystery of) KEM, et de son fils claviériste et producteur de, entre autres, Damso, Mentissa ou encore d’Héléna.
« Il y a cinq ou six ans, pendant le confinement, nous avions fait quelques sessions, juste pour essayer, parce qu’on n’avait jamais eu l’occasion de faire de la musique ensemble », se rappelle Elvin. « On s’ennuyait et on voyait des amis qui postaient des vidéos de chez eux, continue Stéphane. Elvin m’a proposé d’enregistrer chacun chez soi, de se filmer et de poster. Immédiatement, il y a eu des très bonnes réactions et notamment de la part de Saint-Jazz-Ten-Noode qui avait une possibilité, pour la réouverture de certains lieux en septembre, d’organiser son festival. On avait à peine deux morceaux, à l’époque. »
Le projet évolue gentiment et, suite à une demande de carte blanche “d’artiste en résidence” pour le festival anversois Jazz Middelheim l’an dernier, une rencontre avec Selah Sue s’est concrétisée.
La chanteuse témoigne : « Je ne connaissais pas vraiment The Gallands. C’est mon homme qui m’a dit qui était Stéphane. C’est lui aussi qui m’a dit que je devais travailler avec eux et que ce serait une bonne occasion d’être, peut-être, un peu plus libre encore sur scène. Alors, je suis allée au studio d’Elvin qui m’a fait écouter quelques morceaux dont Another Way. Ça m’a vraiment bluffée ! Pour moi, il était clair qu’il fallait faire quelque chose ensemble. »
Pour le duo père et fils, le rêve, presque inespéré, prend rapidement forme. « Cela faisait longtemps que l’on avait envie de travailler avec une voix car on trouvait que notre musique invitait vraiment à cela, reprend Stéphane. Je me suis dit que l’on pouvait demander à Selah. J’en ai parlé à Elvin qui m’a dit tout de suite que ce serait l’idéal… Mais, franchement, on n’y croyait pas trop. Et Selah a répondu positivement ! Cela nous a bien surpris mais bien motivé aussi. »
Pour Selah Sue, c’est également une révélation. Elle s’est vite sentie à l’aise au sein de ce nouveau trio. Une collaboration spontanée, sans pression ni stress et dans un esprit de liberté totale qu’elle n’avait pas soupçonné. « C’était très libre et ouvert, dit-elle. Normalement, le “process” n’est jamais facile pour faire un album mais, ici, je fais vraiment partie d’un groupe et ce n’est plus seulement sur moi que reposent toutes les décisions. Et puis, j’ai pu enregistrer toutes mes voix, toute seule, dans mon studio, sans producteur ou ingénieur qui me disent de faire ceci ou ça. J’envoyais mes voix et ils me disaient “OK, c’est bon” ! Pour moi, c’était incroyable ! Cela m’a donné beaucoup de confiance. Je ne savais pas que c’était possible de faire tout ça moi-même et avoir l’approbation de mes partenaires. J’espère pouvoir encore faire ça à l’avenir. »
Elvin ne peut s’empêcher de révéler encore quelques secrets de fabrication : « Selah nous rejoignait au studio, on lui mettait un casque sur la tête, un micro, et on faisait “play” sans qu’elle n’ait jamais entendu le morceau ! Elle improvisait et c’était fantastique. Nothing To Fear s’est inventé comme ça, You and Me aussi ».
Bien sûr, les textes ont été peaufinés par la suite et le résultat est un pur bonheur de musiques hybrides, s’inspirant du jazz moderne, de la soul et de grooves électros dans une production parfaite, réalisée en un temps record.
« On a engagé un dialogue avec le management de Selah, se souvient Stéphane. On a pensé faire un EP pour le mettre sur les plateformes. Mais tout le monde avait un goût de “pas assez” et on s’est dit que nous allions faire un album ! Encore une fois, cela s’est fait très spontanément et les morceaux ont été écrits en trois mois. En ajoutant les enregistrements avec d’autres musiciens, le mix et tout le reste, cela donne six mois au total. C’est qui n’est rien du tout. Quand on pense qu’il y a un an, on ne se connaissait pas. On aurait pu faire ça encore beaucoup plus rapidement mais Elvin et moi étions très occupés et pas toujours aux mêmes moments. Pour trouver des dates communes, c’était très compliqué. » Et Elvin d’ajouter : « La tournée que l’on fait maintenant s’est décidée très tard aussi. On était toujours un peu à la limite. Mais c’était du bon stress ».
Il ne reste plus au groupe – car cela en est un à part entière – que d’aller fouler les grandes scènes d’Europe et d’électriser un public que l’on devine conquis d’avance. Rendez-vous donc au Uhoda Jazz à Liège et au Tournai Jazz Festival, mais aussi à Budapest, à Sofia, Bucarest, Varsovie, Casablanca, au North Sea Jazz, à Jazz à Marseille, au Tourcoing jazz et autres. « Ça va être cool, se réjouit Selah Sue, il y a du boulot et on va s’amuser ! »
Movin’
Because Music
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Selah Sue & The Gallands - Another Way (Official Music Video)