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par le Conseil de la Musique

Ghinzu

Le come-back

Texte : Didier Stiers

Après 17 ans de silence discographique, mais pas d’inactivité pour autant, revoilà John Stargasm et sa bande. Le nouvel album, longuement maturé, s’intitule When Other Worlds Await et annonce un sérieux retour sur scène.

John “Stargasm” Descamps, Mika “Nagasaki” Hasson (basse), Greg Remy (guitare), Jean Waterlot (guitare, claviers) et Antoine Michel (batterie) ont repris du service. Après Electronic jacuzzi en 2000, Blow en 2004 et Mirror mirror en 2009, ce When Other Worlds Await survient 17 ans plus tard. « Nous sommes habitués aux gaps, s’amuse le chanteur, il n’y a pas de problème. Nous ne nous sommes jamais fixé de rythme non plus, d’un point de vue peut-être plus commercial. Nous avons fait ce que nous voulions. »
 

John Stargasm
On a toujours été des producteurs, on a toujours fait notre propre son,
c’est pour ça qu’il sonne comme de la m…, le premier album.


Que s’est-il passé pendant ces 17 ans dans la tête de… Ghinzu?
C’est 17 années de beaucoup de choses ! De nouvelles cicatrices, de divorces, de musique, de morceaux à la poubelle, de morceaux en évolution, de guerres dans le monde… C’est une période très particulière. Pour beaucoup de gens assez anxiogène, qui la vivent un peu comme une forme de déclinisme, de régression. Une période de “on sait” mais en fait on ne sait pas, de “on contrôle” mais on ne contrôle rien du tout. On ne sait plus très bien quel est le projet. Il y a de la défiance entre les camps, l’avènement des réseaux sociaux a fait qu’on ne sait plus ce qui est vrai, on ne sait plus ce qui est faux, et on n’a pas mesuré comment ça allait déteindre dans les foyers…

Comment avez-vous vécu tout ça?
Nous, on a toujours voulu être un peu “extraits” de tout ça. Mais il nous reste beaucoup de choses. On a cette espèce de retour des guitares, pas trop non plus mais il est perceptible. Ce qui fait qu’on arrive un peu à ce “momentum”. Je n’aime pas trop le dire comme ça parce que ce n’est pas romantique mais tu vois bien que les gens qui font du rock, tout d’un coup, retrouvent un peu une place. Mais je crois que la différence par rapport à “avant”, c’est qu’on parle de ces petites et grandes fractures de la vie, et finalement, ce sont probablement des textes qui ne peuvent être écrits qu’à notre âge. Il y a clairement un moment donné où tu vas t’y retrouver, il y a une forme d’universalité, pas triste, mais qui parle un peu à tout le monde.

L’écriture elle-même a changé?
Oui, à plusieurs niveaux. On a toujours été des producteurs, on a toujours fait notre propre son, c’est pour ça qu’il sonne comme de la m…, le premier album. C’est notre spécialité. Avoir accès à des programmes pour le faire soi-même, enregistrer, tout d’un coup des nouvelles possibilités de studio mobile : ça change énormément la musique. Et tu ponctues entre expérience live, composition à cinq, toutes ces possibilités techniques, et puis des éléments éclatés qui sont retravaillés par chacun, rassemblés… Je pense que pour nous, c’était un peu notre salut, notre survie, l’idée que ce n’était jamais fini, qu’on pouvait toujours continuer d’une autre manière.

Qu’est-ce qui a fait le déclic?
C’est le momentum. Nous restons un groupe extrêmement intuitif. À un moment, nous nous sommes retrouvés à une soirée d’anniversaire chez un pote, nous avons joué, devant des kids, devant nos potes. Il y avait 150, 200 personnes, et il s’est quand même passé un petit truc, ce soir-là. Nous avions vraiment très, très, très envie de jouer, et nous avons tout explosé. Et de voir des kids, qui pourraient être les vôtres, les nôtres, qui ont l’âge de Blow ou même après, l’âge de Mirror mirror, qui découvrent cette sensation, ça nous a touchés. Nous nous sommes dit “OK, go, maintenant” !

Ça vous manquait, ce genre de sensation?
Non, franchement. Encore une fois, nous avons toujours fait ce que nous voulions. C’est la beauté de notre musique, aussi : parfois c’est très important, parfois, rien à foutre, parfois, nous avons envie, et parfois, nous n’avons pas envie. Ce que je sais, c’est qu’une des vraies caractéristiques de ce groupe, c’est l’entente : nous nous entendons méga bien, il n’y a pas de blabla, pas d’engueulades, c’est très complice comme dynamique et ça, c’est vraiment génial. Parce que tape-toi en tournée pendant deux mois un groupe avec lequel tu t’engueules pour du papier cul ! Tu imagines ?

Quelques dates de concert ont déjà été annoncées. Vous avez envie de tourner?
Nous sommes quand même passés chez un agent plus gros, plus international, donc là, nous avons une trentaine de dates de prévues, je pense. Ça va être tout le répertoire “pays de l’Est”, une région qui est chouette à vivre en ce moment, je pense… Mais voilà, il y a cette musique, les textes, les interviews… et puis l’idée d’être dans un van, de vivre un peu en itinérance, pour tout ça, c’est comme si c’était plus riche de sens, je pense…


Ghinzu
When Other Worlds Await (W.O.W.A.)
[PIAS]