ML
« Je peux changer quatre fois d’humeur en une journée. »
Trois ans après Ailleurs n’existe pas, ML revient à pas de loup avec un premier album sous le bras.
« Ça fait longtemps que j’ai envie de faire un disque “from A to B”. Je me suis dit “cette fois, je fais ce disque et personne ne me convaincra que ça n’en est pas un !” », nous confie-t-elle, le regard franc et souriant. Pari tenu : avec Tout bas, l’artiste bruxelloise livre un projet complet et assumé, taillé pour un long trajet en voiture ou une balade en plein soleil, les écouteurs bien calés dans les oreilles. Une collection de dix morceaux qui sonnent juste, truffés d’histoires à la fois intimes et terriblement universelles. Tout le long, les images défilent et nous ramènent à nos propres existences – surtout aux détails qui en font la richesse.
Maria-Laetitia Mattern
Le disque est hyper contrasté.
Au cœur de Tout bas, les liens fraternels, l’amitié, mais aussi la maternité. La naissance de son fils en est l’élan vital ; les fausses couches qui l’ont précédée trouvent leur place dans une chanson qui résonne. « La maternité est ultra présente dans ce disque. La maternité sous toutes ses facettes, d’ailleurs, car j’ai fait deux fausses couches avant l’arrivée d’Elliott », souligne l’artiste.
« Le disque est hyper contrasté. Mais ça, c’est moi, depuis toujours. Je peux changer quatre fois d’humeur en une journée. Je ne me verrais jamais faire un album qui soit entièrement lent, calme et doux parce que moi, je n’aurais jamais une semaine qui soit entièrement lente, calme et douce », poursuit-elle. Un album à son image, donc, qui navigue avec une fluidité désarmante entre les styles, les langues et les énergies : tandis que sur Bye-bye, les sonorités alt-rock et bedroom refont surface, un mood plus folk s’installe sur Nothing is meant to be, unique featuring du disque, enregistré d’une traite avec son ami Ola.
Impossible pourtant de s’y perdre : la patte ML est là, dessinée à quatre mains. Elle compose, écrit, façonne les mélodies ; son frère Aurelio imagine les arrangements. Wurlitzer, guitares, harmonies qui surgissent puis s’évanouissent. Les voix sont basses, proches, presque à hauteur de souffle. Ensemble, iels sculptent un son intime, ancré, profondément sincère. « Je peux m’imaginer, à 60 ans, encore faire de la musique avec mon frère », glisse-t-elle. On la croit sur parole.
Tout bas
Vérité
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ML - Tout ira bien (Clip Officiel)