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Le magazine de l’actualité musicale en Fédération Wallonie - Bruxelles
par le Conseil de la Musique

It It Anita

HI HI HA HA

Didier Stiers

Trois ans après Mouche, les Liégeois sont de retour dans les bacs, comme on dit. HI HI HA HA, c’est le titre de leur album tout frais, leur cinquième déjà, nous vaut une nouvelle portion de décibels. Délectable.

À l’interview : Michaël Goffard (chant/guitare) et Elliot Stassen (basse/chœurs). Excusé : Bryan Hayart (batterie)… Le trio, qui avait emprunté un premier tournant avec Mouche puisque cet album avait vu le jour après le départ de Damien Aresta, précise aujourd’hui son cap avec un disque plus “engagé” que ses prédécesseurs.
 

It It Anita
C’est vrai qu’on nous classe toujours un peu dans ce truc de noise rock
et finalement, je trouve que pas du tout.


« Il est effectivement un peu plus politisé. C’est l’époque qui doit vouloir ça… Disons en tout cas qu’il est peut-être plus explicite, parce que sur Mouche, il y avait quand même déjà deux ou trois morceaux qui traitaient un peu de ces sujets. Mais ici, oui, on en a plus qu’avant qui parlent de problématiques actuelles, et moins de morceaux imagés, complètement abstraits. » À quoi devons-nous cela ? Le temps qui passe et l’âge qui avance ? Notre monde actuel difficilement tenable ? « Un combo de tout ça. On est tous plus âgés, on est tous parents, on a malheureusement tous un téléphone portable en main, donc accès à des tonnes d’informations non-stop mais sans vraiment aller au fond des choses… Ce n’est quand même pas l’âge d’or ! Avec le Covid, on a cru pendant un tout petit instant à un redémarrage vers une société de bienveillance, d’écologie, de bien-être et, en fait, on se rend compte qu’on a plutôt pris 10 ou 15 ans de plus dans la tronche ! Et donc, on ne peut pas non plus tout le temps rester insensible à tout ça. On n’est pas non plus méga, méga engagés, mais il y a des choses qu’on n’accepte plus et on est obligés de se positionner. »

C’est sûr : HI HI HA HA titille les neurones de la réflexion autant qu’il déménage les tympans. L’album a une fois de plus été concocté au studio The Apiary d’Amaury Sauvé à Laval. Bien d’accord avec la promo : It It Anita reste « la locomotive du rock énervé sur l’axe franco-belge » ! Déjà que le groupe est un de ces rares du Plat Pays, avec La Jungle, à entretenir d’étroites connexions avec l’Hexagone. « C’est le résultat de rencontres. Alors, naturellement, le plus simple pour parler avec des gens, c’est de se tourner vers un pays culturellement proche et de le faire dans notre langue commune. La France, c’est pas très loin, c’est énorme, énormément d’argent y est alloué à la culture, et on a eu la chance d’y trouver un très cool label (Vicious Circle, - ndlr) et un très cool tourneur, qui est le même que celui de La Jungle d’ailleurs (Charles Féraud – The Link Productions, - ndlr). On peut faire une carrière en France. On peut y faire 100 dates sans jouer deux fois au même endroit. Ce qui est quand même compliqué chez nous… quand on a fait les quatre, cinq chapelles – qu’on respecte totalement –, ben voilà… On ne peut pas jouer tout le temps au Bota ou à Liège. Si on veut pérenniser un projet, on est obligé de s’exporter. Nous, ça a été la France, où on a eu la chance d’avoir de bons retours et des médias qui nous soutiennent, et qu’on remercie du fond du cœur, parce qu’avec le style de musique qu’on fait, c’est pas toujours simple d’avoir un relais média. »

Le style de musique ? « Noise » a-t-on souvent dit ! Une chose est sûre : HI HI HA HA est le troisième album de suite à être né dans le même studio, des offices du même producteur. Cohésion, donc. Elliot conclut : « La différence que je vois, par rapport au tout début, c’est qu’il y a moins de longs passages expérimentaux ou très noisy. On a peut-être plus de focus sur l’efficacité du morceau et le format un peu plus simple, plus direct. C’est vrai qu’on nous classe toujours un peu dans ce truc de noise rock et finalement, je trouve que pas du tout. Mais c’est pas grave ! »


It It Anita
HI HI HA HA
Vicious Circle/Luik Music