Accéder au contenu principal

Echo Collective

Dirty Monet

Victoria De Schrijver

L’ensemble Echo Collective sort son album En voyage with Claude Monet chez Naïve en ce début d’année 2026. Fruit d’un projet protéiforme, le disque reprend la musique composée pour une exposition. Mais Echo Collective, c’est aussi de nombreux autres projets qui allient musique classique et découverte de nouveaux horizons.

Cela fait maintenant dix ans qu’Echo Collective mène sa barque. Fondé par Neil Leiter (altiste et compositeur) et Margaret Hermant (violoniste, harpiste et compositrice), le groupe, d’un courant qu’on pourrait qualifier de néoclassique, s’impose comme un ensemble de référence tant en Belgique que sur la scène internationale.

En ce début d’année, ils peuvent être entendus dans différents projets : à Hasselt au CCHA pour de la danse avec Last and First Men, à Bozar dans la Salle Henry Le Bœuf dans le cadre d’Europalia pour le début d’un projet avec le compositeur Suso Sáiz. Ils se tourneront ensuite vers le disque, dès le début du mois de février, avec En voyage with Claude Monet.

Rencontre avec les deux fondateurs de l’ensemble pour discuter projets, avenir et impressionnisme.

Cela fait une dizaine d’années qu’Echo Collective existe. Comment vous définiriez-vous aujourd’hui dans votre parcours ? Où en êtes-vous, tous les deux, et avec l’ensemble?
Neil Leiter: C’est une très bonne question. Je dirais qu’on va vraiment bien, l’ensemble également. On a un joli mix de projets pour lesquels on est vraiment créatifs, ce qui était un but pour nous depuis quelques années. On a donc des projets en cours et pas mal de collaborations en perspective, dont tout prochainement celle avec Europalia et Suso Sáiz, compositeur espagnol. Récemment, on a aussi créé les Echo Sessions. Chaque mois, on propose trois sessions de trois heures, pendant lesquelles on enregistre avec des nouveaux et anciens collaborateurs. On a envie de dire aux gens qu’on est là pour collaborer avec eux, c’est l’essence de notre projet ! Honnêtement, je trouve qu’on est dans un endroit privilégié. On se sent vraiment heureux d’avoir la possibilité de réaliser tout ça.


Echo Collective
C’est essentiel de rester en connexion avec la musique actuelle et celle du passé,
pour garder un maximum d’ouverture et de techniques à explorer.


Votre nouvel album En Voyage with Monet sort début février chez Naïve. C’est une musique que vous avez composée pour une exposition. Quelle est la genèse de ce projet et comment êtes-vous finalement entrés dans l’univers du peintre?
Margaret Hermant: En voyage with Claude Monet, c’est un projet qui est parti de Dirty Monitor. Ils sont basés à Charleroi et ils travaillent dans la modélisation 3D, le mapping vidéo, la scénographie pour faire des expositions immersives. J’avais déjà travaillé avec eux pour un événement et ils voulaient une musique originale pour ce projet d’exposition. C’est donc une commande et une collaboration très chouette. Évidemment, on a retravaillé et affiné pour créer l’album.
N.L.: C’était plein de premières fois pour nous. Première fois qu’on a écrit pour orchestre. On a travaillé avec l’East Connection Orchestra basé à Budapest. Première commande du genre et on a découvert qu’on apprécie cette façon d’écrire collectivement. C’était une belle opportunité qu’on aimerait réitérer.

On entend des sonorités différentes dans votre album, comme celle de l’accordéon dans L’Atelier de Nadar, peut-être pour coller à l’univers parisien. Mais on retrouve également vos sonorités très éthérées, méditatives, avec ces instruments acoustiques. Comment définiriez-vous votre musique cette fois-ci ? Pourrait-on aller jusqu’à dire qu’elle est impressionniste?
M.H.: C’est toujours différent de composer pour son groupe que de composer pour un support visuel avec une commande précise d’autres artistes. La musique, c’est comme un kaléidoscope. Ça s’ouvre parce qu’on a des demandes précises. On n’aurait pas forcément utilisé les mêmes instrumentations si on avait fait un album de musique sans visuel. C’est un challenge intéressant qui nous ouvre à autre chose. Donc, que ce soit impressionniste dans certaines couleurs, c’est voulu parce que c’est le propos avec Monet, ce qui ne nous a pas empêché de vraiment garder notre style.
N.L.: C’est à la fois très stimulant de composer pour un tel projet parce qu’on a un point de départ, une idée très claire, et en même temps, il y a les contraintes qui nous cadrent. Pour l’album En Voyage with Claude Monet, on s’est réparti le travail. C’était un échange, du ping-pong.

Vos projets touchent à tout, danse, cinéma, exposition. On pourrait imaginer le théâtre, le jeu vidéo aussi. Votre musique semble très “cinématographique”. Revendiquez-vous une attache particulière à l’image?
N.L.: On est très ouverts à des projets collaboratifs, qui pourraient s’apparenter à de l’art total. On a beaucoup collaboré avec des personnes qui travaillent dans l’industrie de la musique pour l’image. Ce sont des milieux qui s’entrelacent. Mais quand on compose pour nous, on utilise parfois une image ou une sensation mais on part toujours de la musique.

Vous venez du classique. Vous avez la sensation d’en être partis ? Est-ce que vous avez la tentation avec Echo Collective de retourner peut-être vers l’interprétation, voire des fois la réécriture ou la recomposition de classiques ? Ou est-ce que c’est peut-être se positionner en-dehors d’un classique qui peut parfois être rigide?
M.H.: Je continue à jouer dans un trio. Je ne vais pas quitter la musique classique, elle me nourrit et me remplit de joie. J’aime la travailler, pour ce qu’elle inspire. Explorer d’autres compositeurs, ça pousse évidemment à ajouter des gestes musicaux à sa propre bibliothèque et à explorer d’autres choses moins intuitives. C’est essentiel de rester en connexion avec la musique actuelle et celle du passé, pour garder un maximum d’ouverture et de techniques à explorer. Et puis quelle joie de jouer un Beethoven ou un Schubert, ou de pratiquer à nouveau du Bach, même seule à la maison. Ce sont des œuvres grandioses d’une richesse inépuisable.
N.L.: On reste des musiciens classiques. On est créatifs, mais on n’a pas vraiment quitté le monde classique.

L’année 2026 démarre. Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette année à venir?
M.H. et N.L.: De la paix, c’est tout ce à quoi on aspire. Cela dit, c’est vraiment quelque chose qui nous comble de pouvoir continuer à jouer, de pouvoir rester dans cette balance harmonieuse, entre faire des concerts et créer les choses. Comme quoi, c’est parfois “highlight” la vie d’artiste…


Echo Collective
En voyage with Claude Monet
Naïve