Accéder au contenu principal
Le magazine de l’actualité musicale en Fédération Wallonie - Bruxelles
par le Conseil de la Musique

sura sol

Vivante!

Philomène Raxhon

Issue du trio Las Lloronas, la Bruxelloise sura sol dévoile en ce mois de janvier un second album solo, i will be dead, ode à l’exploration, au ronronnement et à la vie.

Au trône le plus élevé du monde, nous ne sommes jamais assis que sur notre cul », énonce sura sol, citant Montaigne en conclusion de son dernier single, dance&giggle. L’artiste condense ainsi ce qui anime son second album sorti en ce mois de janvier, i will be dead : le vivant, dans tout ce qu’il a de solennel et léger, sombre et lumineux. « Le vivant a tout. Il a du noir, du drôle, de la danse, de la guerre, de la joie, développe l’ancienne étudiante en sociologie sur une reprise de Caetano Veloso en fond sonore, je veux pouvoir en célébrer toutes les textures ».

Issue du trio Las Lloronas, sura sol fait ses premiers pas en solo avec l’opus Roar en 2023, tout en se concentrant encore à l’époque sur le projet du groupe. « Pour ce nouvel album, la démarche est totalement différente, observe-t-elle aujourd’hui, beaucoup moins dans l’urgence. Au départ, il devait s’appeler Purr, qui veut dire ronronner, un peu comme une réponse au rugir de Roar. En chemin, il a changé de nom, mais cette idée m’a quand même guidée dans le travail. J’observais comme le fait de stresser et d’être pressé est normalisé. Mais ce n’est pas de là qu’on peut créer du fertile. Les plantes prennent du temps à pousser, ce n’est pas en tirant dessus qu’elles poussent plus vite ».

Dans i will be dead, la musicienne fait donc taire “ses juges intérieurs” pour embrasser une radicale authenticité, la création comme un jeu d’enfant et des sonorités choisies « à l’oreille et à la sensation ». Inspirée par le jazz de Billie Holiday et Charlie Parker, le folk psychédélique de Devendra Banhart ou la liberté de la chanteuse Camille, sura sol explore et bâtit sa patte musicale à l’instinct. « Je n’ai pas l’impression d’écrire mes chansons, mais qu’elles apparaissent. Souvent, au moment même, je ne comprends pas trop ce qu’elles veulent dire, raconte-t-elle, c’est plus tard qu’elles me font sens ».

De passage au Botanique le 28 janvier prochain pour la sortie analogue de cet opus, l’artiste compte s’éclater avec le public et toujours avec la même spontanéité. Au gré de ce que le vivant lui réservera ce soir-là.

sura sol
i will be dead
Autoproduction