Emptiness
Nowhere Speaks
Season Of Mist
Les Bruxellois détestent le confort. Avec Nowhere Speaks, ils referment une boucle temporelle en raccordant leurs riffs à l'album Nothing but the Whole (2014). Si le concept est brillant, l'écoute, elle, s'avère hautement éprouvante. Le groupe, fondé en 1998 autour de Jérémie Bézier et Olivier Lomer-Wilbers (tous deux ex-Enthroned), navigue au carrefour du black/death, de l’expé et du minimalisme. Il abandonne ici l'épure pour renouer avec le plomb. Enregistré en live et fruit de quatre ans de boulot, ce disque est un piège pour qui l’écoute avec attention. Dès l'ouverture, avec Nothing but the Whole (Part 2), on plonge dans un post-punk spectral et poisseux. Dans la foulée, The Threat enfonce le clou : rythmiques indus concassées, guitares menaçantes et chant d'outre-tombe. L'atmosphère est totale. Les textes dépeignent un monde mort où le vide prend une forme physique et sonore. Mais cette opacité permanente peut finir par peser. Sur des morceaux longs comme Words to Wind, la formation refuse toute structure narrative – elle explique rester « indifférente à la présence de l'auditeur, peu soucieuse de lui offrir une porte d'entrée » - et maintient une tension tellement linéaire qu'on frôle la léthargie. Une expérience immersive fascinante mais exigeante, au risque de l'asphyxie.
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Emptiness - Nowhere Speaks (Official Audio)