bodies
On veut de l'amour!
Iel est né·e à Louvain, a vécu en Wallonie et grandi en Espagne avant de revenir au pays pour étudier au Conservatoire de Bruxelles. Le 23 janvier dernier, la saxophoniste Alejandra Borzyk a sorti, avec quiero amor, l’aventureux premier album de bodies. 3 questions rapides... 3 réponses "espresso"!
Quelle est l’histoire de ce projet?
bodies est né fin 2021 du besoin d’écrire ma musique. De jouer mes compositions. D’explorer le son. À l’époque, j’étais encore au conservatoire et je cherchais à sortir du cadre. J’étais très influencé·e par la scène techno groove électronique bruxelloise (Echt!, KAU) mais aussi par Nubya Garcia et Kokoroko. Comme j’ai grandi en Espagne avec du reggaeton partout, j’ai essayé de l’intégrer à mon éducation jazz. Puis, je me suis de plus en plus infiltré·e dans l’improvisation libre et je suis rentré·e via l’électronique dans une démarche plus expérimentale. Je me suis beaucoup intéressé·e ces derniers temps à Otis Sandsjö (Y Otis), à SML qui vient de Los Angeles ou encore à Bendik Giske qui fait des trucs très minimalistes.
Votre single Un Violador En Tu Camino est sorti à une date tout sauf anodine…
Le 25 novembre, c’est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et le titre du morceau est celui d’un chant féministe lancé par le collectif chilien Lastesis devenu un hymne mondial contre les violences sexuelles et de genre. Je vois ça comme un exercice de mémoire historique et d’hommage. Les questions de genre et la violence sexuelle ont beaucoup marqué ma trajectoire. Je trouvais juste et cohérent de continuer à défendre ces idées. J’essaie de les aborder de la façon la plus inclusive possible. Pour inviter à la réflexion plutôt que d’encore générer de la polarisation.
L’album parle d’autres choses…
L’idée, c’est de montrer la vulnérabilité, la communauté, la tendresse comme des forces, des atouts et des formes de résistance. Je ne sais pas si je suis très optimiste. Je suis surtout très critique. Je vois souvent les choses de manière assez sombre. La rage est clairement un de mes moteurs créatifs. Je joue mieux quand je suis fâché·e. Mais si tout le monde accepte que ce qu’on veut, c’est être aimé·e, vu·e et reconnu·e, on peut créer un monde avec moins de frontières, davantage d’ouverture et d’empathie. Des politiques plus inclusives que protectionnistes.
quiero amor
Igloo Records
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un violador en tu camino @ bodies