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par le Conseil de la Musique

Las Lloronas

De la rue à l'album

Trois étudiantes en sociologie à l’Université de Maastricht se retrouvent à Bruxelles, se mettent à chanter en rue… et sortent un album.

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Las Lloronas, croquées en plein dej'

Les origines de Sura, Amber et Marieke sont plutôt mêlées : belgo-américaine pour la première, hispano-néerlandaise pour la deuxième et allemande pour la troisième. Il y a un peu de Madeleine Peyroux dans leurs chansons comme dans leur attitude. Peyroux chantait elle aussi dans les rues (de Paris) et elles reprennent, tout comme elle, Between the Bars d’Elliott Smith : « On l’a beaucoup écoutée mais aussi de la poésie slam, Noname, Lhasa de Sela ou encore Ibey. » Et quand on leur demande de définir leur musique, ‘world music’ ne semble pas le plus approprié : « Nous préférons parler de musique acoustique, de folk music, d’une expérience collective qui plonge dans l’émotion. » Dans ce qu’elles chantent, il y a des questionnements, pas mal de tristesse, sur des textes originaux qu’elles coécrivent : « On aurait pu faire des reprises, ce qui aurait attiré les gens. Mais on a choisi des thèmes plutôt tristes et si on s’appelle d’ailleurs ‘Las Lloronas’, les pleureuses, ce n’est pas pour rien. Tout en se disant que les pleurs on les trouve aussi dans la joie. Et on s’est rendu compte que notre musique créait comme des bulles de calme dans la rapidité de la ville. C’était touchant de voir la mixité des gens qui s’arrêtaient pour nous écouter, autant les touristes que les gens qui vivaient dans la rue ou qui couraient au travail… » De la rue à l’album, quelle est la démarche ? « On n’a jamais pensé enregistrer un disque. Au départ, il s’agissait simplement d’avoir un EP à vendre lorsqu’on se produisait en rue, on nous l’avait conseillé pour gagner un peu plus… » Entrer en studio était l’occasion de faire passer des textes qui n’ont rien d’anodin : « Beaucoup de sujets émergent d’expériences personnelles. Il y a la colère, la honte, le désarroi, l’injustice qui créent la révolte en nous. De nos jours, on a du mal à se montrer vulnérable surtout avec les réseaux sociaux où il y a une tendance forte à dire que tout est beau et brillant. » L’album, Soaked, est dès à présent disponible et a été coproduit par Muziekpublique.


Las Lloronas
Soaked
Muziekpublique