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par le Conseil de la Musique

Cassandre Marfin

Sur les traces de Messiaen

Stéphane Renard

Caractère trempé et toucher aérien, la jeune pianiste Bruxelloise déroule son clavier entre « plumes et lumières », du Conservatoire à Messiaen.

Classique•Contemporain #découverte #pianiste
Dos au mur, mais face à l'œuvre de Messiaen

Défendre la musique d’Olivier Messiaen, à 26 ans, ne manque pas d’audace. Car voilà un compositeur dont on parle souvent mais que l’on joue peu. « Et c’est injuste », s’enflamme Cassandre Marfin qui, en février dernier, le défendait brillamment au Festival Propulse Classique. Venue au piano dès l’âge de 7 ans – « les touches du piano de ma grand-mère fascinaient la gamine que j’étais » –, la jeune Bruxelloise formée au Conservatoire de Bruxelles par Éliane Reyes et Dominique Cornil aligne déjà de sympathiques faits d’armes. Parmieux, le 1er prix en 2016 au Concours Horlait-Dapsens en trio et le 2e prix du Concours Honda.

Revenons à Messiaen… « Au Conservatoire, j’avais réalisé un petit mémoire sur son Quatuor pour la fin du temps. Cela m’a donné envie de jouer des extraits du Catalogue d’oiseaux en fin de master. Son univers est passionnant, mais il faut le désacraliser, ce que je fais dans mon récital commenté, intitulé Plumes et lumières. Le public est toujours surpris de découvrir que ce compositeur n’a rien d’indigeste. » Mais quelles sont donc les clés ? Cassandre en voit trois : « Une inspiration puisée dans Wagner et Debussy. Un rapport à la nature très particulier, avec la retranscription de chants d’oiseaux. Et puis bien sûr une foi profonde. Bien qu’athée, sa spiritualité me parle. Il faut s’en imprégner pour jouer pleinement sa musique. » D’autres compositeurs fétiches, malgré tout ? « Bien sûr, à commencer par Bach, qui fait tellement de bien ! Mais j’aime aussi la musique française, surtout Ravel et Saint-Saëns. J’ai également eu une période Scriabine… » Cassandre n’en savoure pas moins tout autant la musique de chambre. Issus des amitiés nouées au Conservatoire sont ainsi nés le duo Oxymore (avec la violoncelliste Aurelie Diebold) et le duo Galatea avec la flûtiste Adèle Legrand, que l’on devrait retrouver l’an prochain dans un conte musical plébiscité par les Jeunesses Musicales.